mardi 27 juin 2017


A quiet mind is all you need. All else will happen rightly, once your mind is quiet. As the sun on rising makes the world active, so does self-awareness affect changes in the mind. In the light of calm and steady self-awareness inner energies wake up and work miracles without effort on your part.

Nisargadatta Maharaj 
SOUTH VIETNAM. Near Hue. 1972


CHINA. Sichuan province. Loshan. 
The foot of a Buddhist statue, built in the 8th century from a rock cliff (72 meters high)
Bruno Barbey
Barbey
Nankin China1973
B Barbey

Jean Paul le bluesman
Bruno Barbey
Eldridge Cleaver
1969 Algeria
Nigerian soldier next to a Nigerian poster against General Odumegwu Ojukwu, the leader of Biafra, in the captured Biafran town of Nsukka, 1967
Bruno Barbey

lundi 26 juin 2017



Mouth of Hell
From the Book of Hours of Catherine of Cleves, circa 1440.

dimanche 25 juin 2017



Caracas. June 7, 2017
Miguel Gutierrez
South Vietnam - Town of Phucat
American GI in an Amnesty house 1971
Bruno Barbey
Blue Ruin (2013)



Alexei N.Vasiliev
William has supper with oysters, 1999


The reason we are foolish enough to make ourselves suffer and make the other person suffer is that we forget that we and the other person are impermanent. Someday when we die we will lose all our possessions, our power, our family, everything. Our freedom, peace, and joy in the present moment is the most important thing we have.

Thich Nhat Hanh


Come back to square one, just the minimum bare bones. Relaxing with the present moment, relaxing with hopelessness, relaxing with death, not resisting the fact that things end, that things pass, that things have no lasting substance, that everything is changing all the time—that is the basic message.

 Pema Chodron 


Sometimes, even with the best of intentions and hard work, your life doesn’t go the way you had hoped or planned or dreamed.

Your heart is broken. You cry with disappointment. There’s a raw, shaky feeling in the gut. An old feeling of dread comes to visit, a familiar sense of cosmic abandonment.

“I screwed up.”

In the midst of your pain, you are tempted to turn against the world, or yourself. Blame someone. Attack someone. Seek revenge, retribution. Or attack yourself, with addictive behaviour. Quick, numb the pain. Drink something, eat something, buy something, try not to feel something.

You label yourself as ‘bad’ or ‘wrong’ or ‘broken’. You call yourself a ‘failure’, a 'waste of space’, words you learned when you were young. And then your mind spins off into the future. Not only a day of failure, today, but years of failure to come. A lifetime of failure, ending in death.

You’ve abandoned the present moment and been pulled into a dualistic narrative of past and future, success and failure, right and wrong, good and bad.

But the words are not the thing. So here’s an invitation. Slow down. Get curious.
Invite open, curious attention to drop into the present moment. Can you allow yourself to become fascinated with the actual feeling of failure? How do you know this is failure? Where in the body do you feel it? Come back to the shaky, raw feeling, the visceral hurt that’s alive right now. Come back to the nausea, the heaviness, the pressure, the sinking feeling in the belly. Just for a moment, don’t run away or numb yourself from these movements. Get curious about the sensations here. Give them space; let them dance, move. Don’t distract yourself from these precious part of you. They simply long for loving attention right now.

You are leaving the heavy storyline of 'me and my failure’. You are showing up for life; connecting with yourself at a moment when you need your own tenderness more than ever.

And out of the rubble of shattered expectations, a new and different life may grow. You may be shaky, broken open; your heart may feel tender and raw; your certainties may have crumbled to dust, but you are alive, and willing to feel what needs to be felt. And your greatest failure may turn out to be your greatest beginning, the time when you learned more about yourself than ever, the scene of the movie where you discovered humility, courage, and radical self-love.

Stay close; you cannot fail.

Jeff Foster

samedi 24 juin 2017

Le dessein de la poésie étant de nous rendre souverains en nous impersonnalisant, nous touchons, grâce au poème, à la plénitude de ce qui n'était qu'esquissé ou déformé par les vantardises de l'individu.
Les poèmes sont des bouts d'existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que, ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l'unité.
Nous sommes déroutés et sans rêve. Mais il y a toujours une bougie qui danse dans notre main. Ainsi l'ombre où nous entrons est notre sommeil futur sans cesse raccourci.
Lorsque nous sommes aptes à monter à l'aide de l'échelle naturelle vers quelque sommet initiant, nous laissons en bas les échelons du bas; mais quand nous redescendons, nous faisons glisser avec nous tous les échelons du sommet. Nous enfouissons ce pinacle dans notre fonds le plus rare et le mieux défendu, au-dessous de l'échelon dernier, mais avec plus d'acquisitions et de richesses encore que notre aventure n'en avait rapporté de l'extrémité de la tremblante échelle.
Ne cherche pas les limites de la mer. 
Tu les détiens. 
Elles te sont offertes au même instant que ta vie évaporée. 
Le sentiment, comme tu sais, est enfant de la matière;
il est son regard admirablement nuancé.
Jeunes hommes, préférez la rosée des femmes, leur cruauté lunatique, à laquelle votre violence et votre amour pourront riposter, à l'encre inanimée de meurtriers de plume. Tenez-vous plutôt, rapides poissons musclés, dans la cascade.
Nous vivons collés à la poitrine d'une horloge qui, désemparée, regarde finir et commencer la course du soleil. Mais elle courbera le temps, liera la terre à nous; et
cela est notre succès.
Échapper à la honteuse contrainte du choix entre l'obéissance et la démence, esquiver l'abat de la hache sans cesse revenante du despote contre laquelle nous sommes sans moyens de protection, quoique étant aux prises sans trêve, voilà notre rôle, notre destination, et notre dandinement justifiés. Il nous faut franchir la clôture du pire, faire la course périlleuse, encore chasser au-delà, tailler en pièces l'inique, enfin disparaître sans trop de pacotilles sur soi. Un faible remerciement donné ou entendu, rien d'autre.

Combien s'imaginent porter la terre et exprimer le monde, qui trépignent de ne pouvoir s'informer mielleusement de leur destin auprès de la Pythie.
Je crois en Lui : il n'est pas. Je ne m'en rapporte pas à lui : est-Il ? Principe de tout avancement, de tout dégagement. Nuit ouverte et glacée! Ah ! fin de la chaîne des démentis.
(La quête d'un grand Être, n'est-ce qu'une pression de doigt du présent entravé sur l'avenir en liberté? Les lendemains non touchés sont vastes. Et là-bas est divin où ne retentit pas le choc de notre chaîne.)
Êtres que l'aurore semble laver de leurs tourments, semble doter d'une santé, d'une innocence neuves, et qui se fracassent ou se suppriment deux heures après... Êtres chers
dont je sens la main.
La cheminée du palais de même que Pâtre de la chaumière fument depuis que la tête du roi se trouve sur les chenets, depuis que les semelles du représentant du
peuple se chauffent naïvement à cette bûche excessive qui ne peut pas se consumer malgré son peu de cervelle et l'effroi de ceux pour lesquels elle fut guillotinée.
Entre les illusions qui nous gouvernent, peut-être reverra-t-on celles, dans l'ordre naturel appelées, que quelque aspect du sacré tempère et qui sont au regard averti les
moins cyniquement dissimulées. Mais cette apparition, que les exemples précédents ont disqualifiée, doit attendre encore, car elle est sans énergie et sans bonté dans des limbes que le poison mouille. La propriété redevenant l'infini impersonnel à l'extérieur de l'homme, la cupidité ne sera plus qu'une fièvre d'étape que chaque lendemain absorbera. Tout l'embasement néanmoins est à réinventer. La vie bousillée est à ressaisir, avec tout le doré du couchant et la promesse de l'éveil, successivement. Et honneur à la mélancolie augmentée par l'été d'un seul jour, à midi impétueux, à la mort.
Tour à tour coteau luxuriant, roc désolé, léger abri, tel est l'homme, le bel homme déconcertant.
Disparu, l'élégance de l'ombre lui succède. L'énigme a fini de rougir.

Nota. — Cessons de miroiter. Toute la question sera, un moment, de savoir si la mort met bien le point final à tout. Mais peut-être notre cœur n'est-il formé que de la réponse qui n'est point donnée?

Et la faculté de fine manoeuvre? Qui sera ton lecteur? Quelqu'un que ta spéculation arme mais que ta plume innocente. Cet oisif, sur ses coudes? Ce criminel encore sans objet? Prends
garde, quand tu peux, aux mots que tu écris, malgré leur ferme distance.

René Char, Le rempart de brindilles.

Oui il y en a des raisons pour que vous, M. Tremblay de la rue Panet et vous, M. Cloutier qui travaillez dans la construction à St-Jérôme, vous ne puissiez vous payer des « vaisseaux d’or » avec de la belle zizique et tout le fling flang comme l’a fait Drapeau-l’aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu’il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère.

Oui il y en a des raison pour que vous Madame Lemay de St-Hyacinthe vous ne puissiez vous payer des petits voyages en Floride comme le font avec notre argent tous les sales juges et députés.

Oui il y en a des raisons pour que vous, M. Lachance de la rue Ste-Marguerite, vous alliez noyer votre désespoir, votre rancœur et votre rage dans la bière du chien à Molson. Et toi, Lachance fils avec tes cigarettes de mari… Oui il y en a des raisons pour que nous, les assistés sociaux, on vous tienne de génération en génération sur le bien-être social. Il y en a des tas de raisons, les travailleurs de la domptar à Windsor et à East Angus les savent. Et les travailleurs de la Squibb et de la Ayers et les gars de la Régie des Alcools et ceux de la Seven Up et de Victoria Precision, et les cols bleus de Laval et de Montréal et les gars de Lapalme en savent des tas de raisons.

Les travailleurs de Dupont of Canada en savent eux aussi, même si bientôt ils ne pourront que les donner en anglais (ainsi assimilés, ils iront grossir le nombre des immigrants, Néo-Québécois, enfants chéris du bill 63).

Et les policiers de Montréal auraient dû les comprendre ces raisons, eux qui sont les bras du système ; ils auraient dû s’apercevoir que nous vivons dans une société terrorisée parce que sans leur force, sans leur violence, plus rien ne fonctionnait le 7 octobre !



Nous tombons. Je vous écris en cours de chute. 
C'est ainsi que j'éprouve l'état d'être au monde.

René Char

Unpopular ideas can be silenced, and inconvenient facts kept dark, without the need for any official ban. Anyone who has lived long in a foreign country will know of instances of sensational items of news — things which on their own merits would get the big headlines-being kept right out of the British press, not because the Government intervened but because of a general tacit agreement that ‘it wouldn’t do’ to mention that particular fact. So far as the daily newspapers go, this is easy to understand. The British press is extremely centralised, and most of it is owned by wealthy men who have every motive to be dishonest on certain important topics. But the same kind of veiled censorship also operates in books and periodicals, as well as in plays, films and radio. At any given moment there is an orthodoxy, a body of ideas which it is assumed that all right-thinking people will accept without question. It is not exactly forbidden to say this, that or the other, but it is ‘not done’ to say it, just as in mid-Victorian times it was ‘not done’ to mention trousers in the presence of a lady. Anyone who challenges the prevailing orthodoxy finds himself silenced with surprising effectiveness. A genuinely unfashionable opinion is almost never given a fair hearing, either in the popular press or in the highbrow periodicals.

vendredi 23 juin 2017

We are all alone.
This is not depressing 
when you realise it’s the truth.
We are born alone, we die alone.
Along the way, perhaps we meet.
Friends, lovers, strangers. 
Husbands, wives, sons, daughters.
The roles can separate us as much as they can bind us.
We long for connection, yet we fear intimacy.
We seek contact, but we want to be safe.
We push others away by trying to hold onto them.
We hide our truth out of fear of loss.
Yet we lose each other in the hiding.
We seek solid ground, yet we know that it’s all groundless.
We plan futures yet we know they are mere daydreams.
We long to be free yet we flee the terror of our freedom, seeking comfort and answers.
Our comfort soon turns to boredom.
Our boredom to resentment.
We suffer until we learn to love ourselves as we are.
We seek love until we know it in the silence.
And let the questions burn.
And sacrifice tomorrows for todays.


Jeff Foster
THE DANCE OF ALONENESS

We form our beliefs for a variety of subjective, personal, emotional, and psychological reasons in the context of environments created by family, friends, colleagues, culture, and society at large; after forming our beliefs we then defend, justify, and rationalize them with a host of intellectual reasons, cogent arguments, and rational explanations. Beliefs come first, explanations for beliefs follow.

Michael Shermer, The Believing Brain

Lee Miller in Hitler’s bath, Hitler’s apartment, Munich 1945

The human being cannot live in a condition of emptiness for very long: if he is not growing toward something, he does not merely stagnate; the pent-up potentialities turn into morbidity and despair, and eventually into destructive activities.

Rollo May

jeudi 22 juin 2017


Social acceptance, “being liked,” has so much power because it holds the feelings of loneliness at bay. A person is surrounded with comfortable warmth; he is merged in the group. He is reabsorbed–as though, in the extreme psychoanalytic symbol, he were to go back into the womb. He temporarily loses his loneliness; but it is at the price of giving up his existence as an identity in his own right.

Rollo May
Anarchist 
Egon Schiele
André Martin 
Gamins de Paris, Paris   1955

Marc Riboud   
Paris  1968


mercredi 21 juin 2017